Le témoignage de Raphaël, musicien amateur briviste...
Quelques mots sur vous...

J'ai 29 ans et j'habite à Brive-la-Gaillarde en Corrèze. Je viens de quitter le monde bancaire dans lequel j'étais conseiller financier depuis bientôt 10 ans. Je profite de cette opportunité pour prendre une année sabbatique durant laquelle je souhaite continuer à voyager, et me former sur plusieurs domaines. Dans la musique notamment, par plaisir.

Où étiez-vous et que faisiez-vous le soir du 14 juillet 2016 ?

J'étais entre amis, en terrasse d'un restaurant à Brive.

Comment avez-vous appris la nouvelle de l’attentat ?

En rentrant chez moi avec mon amie, nous avons reçu des messages.Nous avons donc allumé la TV pour regarder en direct les événements.

Comment, Quand et Pourquoi avoir réalisé cet hommage ?

J'écris beaucoup la nuit. Mon amie est allée se coucher au bout de plusieurs heures de visionnage. Je n'arrivais pas à occulter ce que j'avais vu.En fait, j'ai tout de suite pensé aux parents qui étaient avec leurs enfants. C'est cela qui m'a le plus marqué.J'ai ouvert mon cahier, j'ai "tenté" d'entrer dans la peau d'un père qui parle à son fils. Qui essaie de le rassurer mais qui ne sait pas comment expliquer la folie humaine, quand tout est beau à 7 ans. ("Ne me demande pas pourquoi, je n'ai que des larmes comme réponse, j'ai juste imaginé que c'était toi, dans le sillage de ce monstre").J'ai ensuite essayé de raccorder les paroles au feu d'artifice en lui même (" Je ne veux plus voir cette image là, les cris d'enfants dans les nuages. J'ai senti la douleur des parents, ceux qui ne tourneront jamais la page. Leur coeur, leur chair est dans le vent, ce n'est plus des larmes c'est du sang. Le rouge a remplacé le blanc... dans le ciel il y a nos enfants... ")Finalement, j'ai écris ce texte en 15 minutes. J'ai cherché un accompagnement guitare rapidement, à mon humble niveau.Dans ma lancée, je l'ai publié sur YouTube, en hommage.

Aujourd'hui, quel est votre sentiment ?

Assez confus. Évidemment, on y repense. Le quotidien et la vie nous rattrape, et n'étant pas "directement" touché, cela s'estompe.Mais il est important de s'en souvenir, tout comme Charlie Hebdo, le Bataclan, et également les nombreux attentats à travers le monde.On me parle souvent de ce texte, de cette chanson. Il est vrai qu'elle met des mots sur l'indescriptible, c'est souvent le plus dur à exprimer.

Le premier mot qui vous vient à l'esprit quand vous pensez à l'attentat ?

Honte

... La honte de la bêtise humaine. J'ai toujours respecté les croyances et religions, étant athée, j'ai toujours eu du mal à comprendre l’extrémisme quel qu'il soit. Il est tellement plus facile d'accepter l'autre, tout coule de source quand on le fait !